Franck CAVADORE

Franck CAVADORE

Franck CAVADORE

J’ai toujours eu du mal à mettre des mots sur les «choses», sensation de vide que, la nature en ayant horreur, j’ai comblé tout «naturellement» et simplement de peinture. Cela s’est fait vite, à la façon d’une grande faim douloureuse qui doit être calmée coûte que coûte : j’ai peint sans penser, sans plan.

Avec le plaisir de la satiété, le désir de renouveler l’expérience et d’en maîtriser le processus s’installe, fait d’exploration de cet espace de vacuité (et non plus de vide) dans ses moindres recoins, de «laisser venir», d’écoute de sensations qui ne sont plus douloureuses

Je suis une éponge et tout influe : la vie en famille, à la maison, à l’atelier, à l’extérieur, le temps qu’il fait dehors, la température ambiante… et la musique, alliée incontournable : c’est mon alphabet, une banque optique qui ne se limite pas à la couleur, où tout bouge, fluctue, s’agite de rythmes .

Dans mes tableaux, il n’y a pas de hiérarchie : tous les plans ont la même importance. En permettant une interaction par des jeux de transparence (ils se transforment, se révèlent ou se masquent, se colorent) j’essaie de faire «bouger» cette surface plane, de lui faire faire du bruit, d’impulser un processus de vie.

Je les laisse alors au regard des «autres».